Un devoir fondamental : la liberté d’agir

  Qu’en sera-t-il de cette nouvelle année civile marquée encore du sceau du Covid-19 ? — ce que nous voulons qu’elle soit : une année universitaire nouvelle à l’heure de l’Algérie Nouvelle. Nos ressources humaines sont inépuisables. Pour autant, sachons les ménager en prévision de temps encore plus difficiles, mais aussi de nos ambitions légitimes, de nos réalisations à venir. L’Université, c’est le progrès continu, le changement nécessaire, l’évolution inévitable des hommes et des institutions. Le Covid-19 ne saurait arrêter la machine du Supérieur, définitivement. Le Covid-19 nous aura permis, durant ces deux longues années, d’affiner notre perception de la réalité sociale nationale et internationale ; d’ajuster notre lecture des événements en affirmant prodigieusement notre solidarité nationale à nos propres yeux et à ceux du monde aux aguets.

La ténacité de l’Université à développer son terreau d’intelligence professorale et estudiantin n’a d’égal que sa volonté ferme de faire évoluer ses exigences pédagogiques et de recherche scientifique par des stratégies synergiques fondées sur la qualité et l’innovation dans un contexte compétitif d’internationalisation des compétences. Avec le Covid-19, des acteurs de l’Université ont craint – légitimement – une sous-performance de notre Institution au regard des débats passionnées de l’actualité faite de confinement et de déconfinement sur l’arrière-fond des décisions politiques et socioéconomiques. Aujourd’hui, l’Université recentre ses perspectives de développement humain durable en tablant davantage sur la vigilance de ses acteurs et sur leurs interactions ; en refusant le sombre figisme, la vacuité et l’irrésolution.

Notre Université est pleinement consciente des tensions sociales qui la traversent par intermittence ; elle ne peut et ne doit absolument pas être insensible aux soubresauts de la conscience de ses acteurs face à la menace permanente des décepteurs qui tentent, par tous les moyens, de saper les forces vives de la nation en déstabilisant l’une de ses superstructures. L’Université possède un droit fondamental : la liberté d’agir conformément à l’éthique scientifique afin d’atteindre à sa plus grande efficacité, au plus grand bénéfice de la Société qui se reconstruit présentement, aux plans politique et socioéconomique, d’après le principe vivant de son unité nationale dans la richesse prodigieuse de sa diversité linguistique et culturelle constitutive.

Si, dans le contexte du Covid-19, nous devons procéder à notre vaccination personnelle, pour le bien-être général de la collectivité et de la communauté ; nous sommes également appelés à nous prémunir contre toutes les sortes de déviances intellectuelles et de pratiques pédagogiques et de recherche douteuses (plagiat, falsification de résultats…) qui remettent en question l’intégrité de notre Université à une époque où la Technologie peut s’avérer, selon son usage, un bien mauvais maître ou un excellent serviteur. Le choix est certes personnel et individuel, mais ces conséquences seront assurément collectives et communautaires.

Soyons donc des sujets éminemment actifs assumant pleinement leurs responsabilités ; et non des sujets passifs succombant à la moindre épidémie. De l’initiative en toutes choses ; sinon au moins une bonne intention. Excellente reprise à toutes et à tous.

Prof. Ahmed Boutarfaia, Recteur

CURRICULUM-VITAE