Classement des universités : la « méritocratie » en action

    Selon le vieil adage : toute peine (travail) mérite salaire – autrement dit : la récompense est au bout de chaque effort volontairement consenti. Il en va de même en ce qui concerne le classement annuel des établissements de l’Enseignement supérieur à l’échelle mondiale. Le classement d’une université couronne sa productivité en termes d’investissements de ses personnels administratif, pédagogique, scientifique et travailleur. Chaque catégorie de personnels a de la sorte pleinement conscience de participer, de contribuer à l’effort collectif d’innovation, à l’essor commun ; le sentiment positif d’agir efficacement dans le sens d’une renaissance de l’institution universitaire. À cet égard, le classement constitue un puissant instrument de mérite – très exigeant dans les faits.

   Concrètement, le classement des universités exige, continuellement de notre part, aussi bien à titre collectif que singulatif, d’améliorer la performance de notre système de gouvernance ; d’affiner notre vision de la pédagogie universitaire ; de perfectionner notre sens de la recherche scientifique ; de cultiver nos relations extérieures ; d’embellir nos structures.

   Dans un premier temps, face aux effets de la mondialisation-globalisation, il importe à notre Administration de se donner les moyens réels et les instruments évidents qui lui permettent de concilier gouvernance et performance suivant les ressources humaines et matérielles dont elle dispose effectivement. En retour, la gouvernance requiert de nos acteurs une approche critique des meilleures pratiques fondées sur une gestion stratégique des capitaux, notamment sous forme de culture organisationnelle de nos compétences et la prise en charge efficiente de leurs diversités. Dans cet esprit, notre Administration adopte, à la suite d’Institutions internationales de renom, les résolutions relatives aux piliers de la bonne gouvernance, à savoir : la transparence, la responsabilité, l’obligation de rendre compte de ses actes, la participation, la capacité de répondre aux besoins de ses agents.

   Dans un deuxième temps, grâce aux activités de plus en plus ciblées et aux efforts constants de la Cellule d’Assurance-Qualité en matière d’accompagnement, notre Pédagogie universitaire s’est progressivement défini une ligne d’action consistant à mettre en avant les performances de ses enseignants au moyen d’une évaluation objective et d’une expertise réfléchie de leurs productions pédagogiques – sous forme essentiellement d’ouvrages et de polycopiés à large diffusion, mais aussi de franches collaborations entre acteurs et partenaires de la pédagogie (in– et inter–équipes de formation) soucieux d’accroître l’impact de leurs enseignements.

   Dans un troisième temps, moyennant une initiative d’ouverture mieux posée, notre Recherche scientifique s’adonne à une lecture critique soutenue de tous les nouveaux défis qui compromettent sur le terrain notre système de mesure de performance et d’innovation. Elle s’intéresse également de très près à la quantification de la recherche scientifique et à ses enjeux en accompagnant notablement la promotion des revues scientifiques de l’université à partir des indicateurs de la recherche préconisés institutionnellement et des référentiels internationaux en vigueur. Pour une réussite tangible de sa politique de production et de diffusion, notre Recherche scientifique en étroite coordination avec notre Pédagogie encourage la tenue annuelle des mastérialles et des doctoriales qui révèlent des potentialités de création chez nos jeunes étudiants.

   Dans un quatrième temps, à l’aide du développement continu de nos systèmes d’informations, notre culture des Relations extérieures vise à promouvoir des partenariats stratégiques à l’international en assurant une mobilité recherchée de nos principaux agents. Nous devons pour ce faire garantir les conditions préalables favorables à toute action d’envergure en adoptant la démarche de la comparaison internationale – dans le strict respect des engagements de la Politique étrangère de notre pays. Cet exercice culturel des Relations extérieures, nous forme déjà aux exigences actuelles et futures de la mondialisation des télécommunications et de la globalisation des marchés. À ce titre, notre maîtrise des langues est un atout à consolider.

   Dans un cinquième et dernier temps, l’embellissement durable de nos Structures d’accueil (au sens très large du terme), grâce à une rénovation globale constante, assure déjà une qualité d’accueil que nous sommes tenus inlassablement d’améliorer. Les zones vertes de nos structures doivent offrir un cadre de vie et d’épanouissement propre à encourager l’esthétique des lieux. Cela exige sans doute une campagne de sensibilisation et une évolution des mentalités actuelles dans le sens d’une co-construction de notre environnement naturel et institutionnel.

   Très brièvement, nous avons esquissé ici pour vous, les grandes lignes de notre feuille de route commune dont le mérite consacre l’effort consenti individuellement et le sacrifice accepté collectivement afin de prévenir toutes les sortes d’obstacles et de risques que nous ne manquerons certainement pas de rencontrer sur notre parcours collectif ; risques contre lesquels se lève inéluctablement la solidarité de l’ensemble des acteurs de notre communauté universitaire. Merci infiniment.

   Excellente reprise à toutes et à tous.

                                                                                 Prof. Ahmed Boutarfaia, Recteur.

CURRICULUM-VITAE